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La Femme gelée, Annie Ernaux


"On finit par ne plus comparer sa vie à celle qu'on aurait voulue mais à celle des autres femmes. Jamais des autres hommes, quelle idée."



Auteure : Annie Ernaux
Édition : Folio
Année de sortie : 1981
Nombre de pages : 181

Résumé : Au début du récit, Annie raconte sa vie de petite fille d'une famille modeste : sa mère, décrite comme une femme forte, gère le "café-épicerie", tandis que son père, un "doux rêveur", s'occupe des tâches ménagères. Avec ce modèle en tête, Annie n'a pas conscience de l'infériorité sociale de la femme, puisqu'elle n'a pas été éduquée dans la distinction des genres. Cependant, cela change : à l'école et tout au long de son adolescence, elle va se questionner et découvrir finalement le rôle social attribué à la femme.

Mon opinion : J'ai aimé ce roman autosociobiographique, car j'ai trouvé la façon d'écrire d'Annie Ernaux très spéciale : c'est une écriture plutôt froide et distante ; cependant, elle parvient très bien à décrire toutes les émotions des personnages, leurs pensées, leurs espoirs déçus, etc.

C'est également un ouvrage engagé pour la cause féminine : Annie montre à travers son histoire personnelle qu'il n'y a rien de normal dans le rôle social que joue la femme dans le milieu bourgeois. Ce roman m'a également surpris, car en lisant la quatrième de couverture, je m'attendais à ce qu'il s'agisse de l'histoire d'une "femme gelée" racontée au quotidien. Mais j'ai découvert par la suite que c'était un récit chronologique construit sur une analepse (c'est-à-dire qu'Anne raconte toute son enfance jusqu'à arriver au point de départ — celui du titre — qui est de devenir une femme gelée), et j'ai aimé voir l'évolution d'Anne dans sa vision de la femme dans la société.

De plus, ce roman est toujours d'actualité aujourd'hui, puisque les inégalités entre les sexes persistent dans certains domaines : les femmes sont moins payées au travail, on les embauche moins par peur qu'elles ne tombent enceintes, etc. Les rôles sociaux n'ont donc pas trop changé depuis.

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